Laction humanitaire au coeur du projet Carishina
Depuis le début de la préparation de notre expédition, nous avons mis en place des actions humanitaires. Cette ambition a nourri des moments forts de lexpédition et elle reste, lexpédition terminée, bien vivante. Aujourdhui, nous continuons en aidant la communauté Candoshi qui vit en Amazonie péruvienne. Et, demain, si les financements le permettent, celle-ci devrait vivre dans de meilleures conditions.
Actions humanitaires scolaire et médicale.
Lessentiel de laide dans le domaine scolaire a été réalisé pendant lexpédition. Dune part, nous avons donné du matériel scolaire à une école équatorienne du Rio Napo et, dautre part, nous avons remis des manuels scolaires à des écoles péruviennes. Cette école équatorienne sappelle Fray Gaspar de Carbajal et scolarise une trentaine denfants du Primaire. Sur la partie péruvienne du Rio Napo, nous nous sommes arrêtés dans une dizaine décoles pour remettre des manuels déducation familiale et sexuelle aux instituteurs. Cest le Rectorat dIquitos qui nous a confié cette mission. En effet, il navait pas les moyens financiers pour les acheminer sur cette partie reculée du fleuve. À chaque fois, ce fut un moment dintense émotion dans ces villages perdus où pullulent les enfants et où les jeunes filles sont vite des femmes et des mères. Nous sommes heureux davoir pu apporter notre contribution à ce programme soutenu par lUNESCO.
Notre action médicale, elle, est dirigé vers les Candoshis. Vite, au travers dun article de Ruth Lozada publié dans Courrier International qui dénonçait la grave situation sanitaire de ce peuple, nous avons tout imaginé pour leur venir en aide. Après avoir contacté Ruth Lozada à son journal de Lima, elle nous dirigea vers son informateur principal Alenjandro Balaguer qui, lui aussi, alerte lopinion en qualité de journaliste.
On pourrait résumer létat inquiétant de cette communauté de la manière suivante :
- isolement géographique (à 500 km dIquitos, soit une bonne semaine de bateau),
- une communauté denviron 2.500 personnes dont 251 sont touchées par une épidémie dhépatite B (14 décès depuis le début de lépidémie)
Coopération avec la Croix Rouge dIquitos
A Noël 2001, dès notre premier repérage à Iquitos nous avons commencé à bâtir une coopération avec la Croix Rouge de cette ville. Nous sommes parvenus à un accord cadre qui en fait lopérateur des actions futures. Lors de notre second repérage, à Pâques 2002, nous avons financé une expédition de la Croix Rouge pour quun médecin et une infirmière se rendent en territoire Candoshi. Cette expédition était destinée à faire un premier bilan de la situation sanitaire réelle puisque les données connues semblaient peu fiables.
Bien sûr, nous avons réorienté le trajet de lexpédition de manière à nous rendre chez les Candoshi. Cette expérience qui fut lune des plus riches de notre aventure, nous a permis de mieux apprécier la situation sur place où les besoins sont énormes. Mais nous avons eu aussi la surprise dy rencontrer un dispositif de santé public embryonnaire fort louable en cette contrée si reculée : deux dispensaires, un médecin temporaire et un infirmier. Au terme dune tournée médicale en territoire Candoshi, nous sommes parvenus à un accord avec les représentants des Candoshi portant sur plusieurs points
- Demander au Rectorat dIquitos la mise en place dune école secondaire qui permettrait aux enfants Candoshi de parfaire léducation quils reçoivent déjà au sein de 11 petites écoles publiques. En effet, sans éducation, il est peu envisageable de parfaire létat sanitaire de cette communauté. Compte tenu de la distance qui nous sépare dIquitos, ce projet à légard duquel le Rectorat na pas dopposition a pris un peu de retard mais il devrait pouvoir aboutir en mars 2004.
- Demander la pérennisation du poste de médecin. Ce que nous avons obtenu en nous rendant auprès du Directeur Régional de la santé publique dIquitos.
- Constituer une base de données informatisées relatives à létat sanitaire de cette population. Dores et déjà, un de nos mécènes français nous a fait don dun ordinateur portable destiné à cet effet.
- Doter le poste de santé principal dune barque motorisée (si un bébé est vacciné dans les 24 heures qui suivent sa naissance, il est probable que le vaccin ait 100 % defficacité). Un bateau équipé dun moteur de 40 cv était retenu ailleurs et nous avons obtenu quil soit affecté au dispositif sanitaire des Candoshi. Nous avons laissé au médecin, qui nous a accompagné jusquà Iquitos pour plaider ce dossier auprès de sa hiérarchie, 500 euros pour commencer à financer lachat de carburant.
Estimations de la Croix-rouge : 15.000 euros seraient nécessaires
Cest donc, déjà quelques 2.500 euros que nous avons consacrés pour aider les Candoshi. Nous avons aussi laissé du matériel scolaire et de la maille anti-moustique pour protéger des insectes le dispensaire principal de Musa Carusha. Mais, le plus gros reste à faire : trouver des financements permanents pour soutenir cette antenne médicale, pour continuer les vaccinations et pour mettre en place un petit laboratoire danalyse médicale (aujourdhui, les analyses sont faites à plus de quatre jours de bateau. Daprès les estimations de la Croix Rouge relative à une campagne de vaccination soutenue (transport réfrigéré compris) et létude faite par le médecin affecté aux Candoshi, le besoin de financement pourrait sélever à plus de 15.000 euros. Cest, pour nos seuls moyens, énorme. Aussi espérons-nous beaucoup dun soutien médiatique français.
Par ailleurs nous nous sommes lancés dans laventure de la rédaction dun carnet de route que Guerrier Éditions a publié en décembre 2002. Cette maison nous a réservé des conditions de rémunération de droits dauteurs tout à fait exceptionnelles compte tenu du fait que ces fonds sont exclusivement destinés à nos projets avec les Candoshi.
Seuls, les Candoshis continueront à vivre dans la détresse et linsécurité médicale. Avec notre volonté, la Croix Rouge dIquitos, les autorités péruviennes et des fonds collectés, nous sommes certains de parvenir à une amélioration formidable du sort de cette petite communauté perdue sur les rives du Rio Pastaza.
Vous pouvez envoyer vos dons pour les Candoshis à :
Association Carishina, nº 30002 00420 0000009460Z 38,
Crédit Lyonnais, Paris, Maubert-Mutualité.
Vous pouvez également acheter notre livre qui est en réalité notre carnet de route. Il est abondamment illustré et les articles sont de très bonne qualité. Les bénéfices engendrés par la vente seront intégralement versés au peuple des Candoshi. En outre, c'est une excellente idée de cadeau...
LEquipe Carishina, Quito, Février 2003.
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