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I. Les Conquistadors


Pinzon - Orellana - Aguirre



Vincente Yáñez Pinzon


“A la deuxième heure après minuit, la terre parut, distante de deux lieues. (…) Alors ils virent des gens nus, et l´Amiral se rendit à terre dans sa barque armée avec Martin Alonso Pinzon et Vincente Yáñez, son frère, qui était capitaine de la Niña.Arrivés à terre, ils virent des arbres très verts et beaucoup d´eau et des fruits de diverses espèces. L´Amiral appela les deux capitaines et il leur demanda de lui rendre foi et témoignage de ce que, lui, par devant tous prenait possession de ladite île.”


Christophe Colomb, Journal de bord, Jeudi 11 oct. 1492.






Navigateur espagnol, compagnon de Christophe Colomb (1461 - 1514). Vincente Yáñez Pinzon découvrit l´embouchure de l´Amazone et de l´Orénoque. Né en Espagne dans une famille de riches marins du village de Palos de la Frontera, il acquit rapidement une grande expérience de la navigation en multipliant les voyages commerciaux. On lui attribue même des actes de pirateries au large des côtes catalanes et des Baléares. En 1492, il participa à la première expédition de Christophe Colomb, en tant que commandant de la Niña. Dans les années 1499-1500, il effectua un autre voyage qui l'amèna sur les côtes du Brésil, quelques semaines avant qu´elles ne soient officiellement découvertes par le Portuguais Cabral. Pinzon découvrit le golfe de Paria, l'Amazone, dont il explora l'estuaire et la Guyane qu´il pénétra en naviguant sur le fleuve Oyapock. Nommé en 1505 gouverneur de Puerto Rico, il reprit ses expéditions entre 1502 et 1508 avec Diaz de Solis : les explorateurs firent le tour de l´île de Cuba et naviguèrent le long des côtes du Yucatán et du Vénézuela. Pinzon mourut à Séville en 1514.


LA DECOUVERTE DU BRESIL

Attiré par les perspectives de richesse qu'offrait la découverte des Indes, Vicente Yáñez Pinzón signa le 6 juin 1499 avec le représentant des Rois Catholiques, Juan Rodríguez de Fonseca, un traité qui l'autorisait à faire de nouvelles explorations en Amérique : un cinquième des richesses qu'il découvrirait reviendrait aux Rois d´Espagne, le reste serait à partager entre lui et ses hommes (c´est le fameux “Quinto Real” qui s´imposera à toutes les autres expéditions vers les Indes).
La famille Pinzón arma alors quatre petites caravelles, et 75 hommes d'équipages furent enrôlés. La petite flotte prit la mer en décembre 1499. Arrivés au Cap Vert, ils furent entraînés par une tempête jusqu´à la côte du Brésil, trois mois avant que n'arrive le découvreur reconnu Pedro Alvares Cabral. (Cependant, en vertu des décisions du traité de Tordesillas de 1494 qui modifiait la ligne de partage instaurée en 1493 par le pape Alexandre VI pour délimiter les empires portugais et espagnol, le nouveau territoire fut attribué au Portugal. L'Espagne ne revendiqua pas la découverte de Pinzón). L´explorateur toucha terre près du site de l'actuelle Recife, le 26 janvier 1500, puis longea les côtes en direction du nord- ouest et découvrit l'embouchure de l'Amazone et de l'Orénoque. Il continua sa route vers la mer des Antilles en longeant les Guyanes et se dirigea vers l'île d'Hispaniola. De là, il poursuivit son voyage vers les Bahamas, et , après la perte de deux bateaux, il entreprit le voyage de retour vers l'Espagne qu'il atteignit en septembre 1500. Le voyage fut un échec économique. La famille Pinzón se retrouva au bord de la faillite. Mais, le 8 octobre 1501, Vicente Yáñez Pinzón reçut les honneurs qu'il méritait : il fut nommé chevalier par le Roi Ferdinand II au palais de l'Alhambra à Grenade.





Yann LE DORNER pour l’Expédition Carishina, Quito, janvier 2002.



Source:

--- COLOMB, Cristophe, Journal de bord. 1492-1493
, Éd. La Découverte, Paris, 1992. Traduction de S.Estorach et M.Lequenne.







Francisco de Orellana


"Nous vîmes sortir dudit village de nombreux indiens qui s´embarquèrent en "canoas" à la façon d´hommes de guerre, et il nous sembla qu’ils voulaient nous attaquer. Le capitaine ordonna à ses hommes, qui voyaient la démonstration des indiens, de se tenir prêts avec leurs armes pour qu’au cas où ils attaqueraient, ils ne puissent nous faire de mal. Et avec beaucoup de discipline, ramant avec force, nous abordâmes la terre. Et il sembla que les indiens s´écartaient. Le capitaine sauta à terre avec ses armes, et derrière lui tous les autres. Et les indiens en furent effrayés, et ils firent reculer leurs bateaux. Comme je l´ai déjà dit, le capitaine les comprenait et ce fut à sa compréhension de la langue, après Dieu, que nous dûmes de ne pas périr sur le fleuve.”

Frère Gaspar de Carvajal, Relation de la première descente de l´Amazone.




Conquistador espagnol (1501-1545). Francisco de Orellana réalisa la première descente de l´Amazone. Né à Trujillo, en Espagne, vers 1501, Orellana était un ami proche, voire un parent de la famille Pizarro. Il se rendit très jeune aux Amériques, vers 1527, servant au Nicaragua, puis au Pérou en 1535 avec les Pizarro. Durant la guerre entre conquistadors, Fernando Pizarro le nomma enseigne général d´une troupe envoyée depuis Lima soutenir son frère Gonzalo, gouverneur de Quito. Il toucha terre à Puerto Viejo, sur la côte d´Équateur, et refonda la ville portuaire de Santiago de Guayaquil dont il devint gouverneur. Le 12 février 1541, Orellana partit de Quito avec Gonzalo Pizarro à la recherche du pays de la cannelle et de l'Eldorado. Il rencontra le fleuve Amazone et rejoignit l´Atlantique, puis l´île espagnole de Cubagua et enfin l´Espagne. Quand Orellana revint à l´embouchure de l´Amazone en 1545, c'est au titre de Gouverneur des territoires d´Amazonie, baptisés "Province de Nouvelle Andalousie". Cette seconde expédition s´acheva tragiquement par la mort de l´explorateur, en 1545, alors qu´il cherchait l´accès principal du grand fleuve.




PREMIERE EXPEDITION

En 1540, Gonzalo Pizarro arriva à Quito en qualité de gouverneur, chargé par Francisco Pizarro d´organiser une expédition de conquête du "Pays de la Cannelle" (une épice dotée d´une valeur supérieure à l´or sur les marchés européens), qui devait, selon les rumeurs diffusées par les Incas, se trouver quelque part vers l´Est. À Quito, Gonzalo Pizarro réunit une troupe composée de 220 Espagnols et 4000 indiens, tandis qu´Orellana, en tant que commandant en second, levait à Guayaquil un petit corps de cavalerie. Pizarro quitta Quito en février 1541, juste avant qu´Orellana n´arrive avec ses hidalgos. Orellana et ses hommes rejoignirent le gros de l´expédition à marche forcée. L´expédition perdit dix mois à franchir la barrière montagneuse des Andes qui la séparait de la forêt vierge. Durant ce temps, 3000 indiens et 140 espagnols avaient déjà déserté ou péri. Et tout cela pour rien : Pizarro ne découvrit que de faux canneliers. De rage, il fit brûler vifs et dévorer par des chiens de guerre ses guides indiens ! Au pied de la rivière Coca, Pizarro fit construire un brigantin, le San Pedro, afin de transporter blessés et malades. Mais, la nourriture venant à manquer, Orellana décida d´utiliser ce brigantin pour descendre la rivière Napo à la recherche de riches villages. Incapable de remonter le courant, Orellana (accompagné du dominicain Gaspar de Carvajal et de 57 hommes) profita de l´hospitalité des indiens Aparia pour commencer la construction d´un second brigantin, le Victoria. Pendant ce temps la troupe de Pizarro, après avoir mangé chiens et chevaux, s´en retourna à Quito, ne ramenant que 80 hommes. Orellana ne put faire autrement que continuer la descente du fleuve : “Le courant est si violent, note Carvajal, que nous serions bien en mal de remonter”. Quittant le Rio Napo, les conquistadors eurent une escarmouche avec les indiens Machiparo et durent poursuivre la descente pour leur échapper, traversant la rivière de la Trinidad, le Rio Negro (nommé ainsi par Orellana pour ses eaux de couleur noire), ils finirent par entrer dans le territoire de la nation Omagua, puis sur les terres des “Amazones”. Carvajal relate une escarmouche avec ces femmes-guerrières, le 24 juin 1542, au voisinage de l´île Tupinambarama. Après d´autres incidents, ils s´arrêtèrent 18 jours sur l´île de Marajó pour réparer le bateau, harcelés par les indiens Caraïbes, ignorant la proximité des établissements portugais de Pará, avant de se lancer en pleine mer le 26 août 1542. Tandis qu’ils longeaient les côtes de la Guyane, les brigantins furent séparés et ne se retrouvèrent qu’à Nueva Cadiz de Cubagua, au large du Vénézuela, le 11 septembre 1542.
Après cette expédition, Gaspar de Carvajal, qui en fut le chroniqueur, retourna à Lima où il fut nommé archevêque. (Il mourut en 1584, soit quarante-deux ans plus tard, à l´âge de quatre-vingt-deux ans).




DEUXIEME EXPEDITION

Depuis Cubagua, Orellana prit la décision de retourner en Espagne. Cependant, après une traversée difficile, il aborda les côtes du Portugal, où le roi lui offrit l'hospitalité et une promesse officielle d´assistance s´il se décidait à retourner sur l´Amazone. En effet, le traité de Tordesillas (1494), en divisant le monde en zones d´influences coloniales, avait placé le fleuve découvert par Orellana dans la zone espagnole, tandis que les côtes du Brésil revenaient aux Portugais. Malgré cette proposition, Orellana poursuivit sa route jusqu´à Valladolid, qu´il atteignit en mai 1543, dans l´espoir d´encourager les Espagnols à revendiquer l´entière possession des eaux amazoniennes. Après avoir captivé la cour d´Espagne par des récits très exagérés de son périple, Orellana, au terme de neuf mois de délibérations, obtint de Charles Quint la commission lui permettant de prendre possession des territoires découverts, c´est-à-dire le droit de conquérir et de coloniser la “Nouvelle Andalousie”, avec une force de 200 hommes d´infanterie, 100 cavaliers et le matériel pour construire deux navires fluviaux. Une fois arrivé devant l´Amazone, il devait bâtir deux villes, de chaque côté de l´embouchure. La commission fut acceptée le 18 février 1544, mais les préparatifs furent ralentis par des problèmes de dettes, de dissensions internes et des manœuvres d´espions portugais. Les fonds suffisants furent réunis par Cosmo de Chaves, le parrain d´Orellana. Celui-ci épousa avant le voyage Ana de Ayala, une jeune fille pauvre et de basse extraction. Le 11 mai 1545, Orellana s´embarqua en toute discrétion, afin d´éviter les espions portugais. Il fit voile vers les îles Canaries, où il s´arrêta trois mois, puis les îles du Cap Vert, perdant durant cette traversée un navire, 98 hommes du fait de maladies et 50 pour cause de désertion. Un autre navire coula au milieu de l´Atlantique, portant 77 marins, 11 chevaux et un bateau qui devait être utilisé sur le fleuve. Orellana arriva en vue des côtes brésiliennes un peu avant Noël 1545 et s´enfonça dans le delta. Un navire fluvial fut construit, mais la faim emportant 57 hommes, un des navires de haute mer restant dut être abandonné. Les hommes marronnés trouvèrent refuge auprès d´une communauté indienne amicale, dans une île du delta, pendant qu’Orellana s’embarquait à la recherche de nourriture et du bras principal de l´Amazone. Orellana et son équipage furent violemment attaqués par les indiens caraïbes. 17 hommes moururent sous l´effet de flèches empoisonnées, dont Orellana lui-même. L´équipage restant, incluant Ana de Ayala, fut secouru par le dernier navire de la flotte, arrivé en retard. Il resta au total 44 survivants sur 300. La plupart d´entre eux s´installèrent en Amérique centrale, au Pérou et au Chili, tandis qu´Ana de Ayala et un autre survivant, Juan de Penalosa, s´installèrent au Panama. Elle mourut en 1572.



Yann LE DORNER pour l’Expédition Carishina, Quito, janvier 2002.



Sources :


--- CARBAJAL, Gaspar de, Relation de la première descente de l´Amazone
, traduit par L.Técher dans "Amazonie, ventre de l´Amérique", Ed. Millon, 1994. 
--- LATORRE, Octavio, La Expedición a la Canela y el Descubrimiento del Amazonas
, Quito, 1995.







Lope de Aguirre


“Lorsque j´étais jeune, j´ai traversé l´océan jusqu´à la terre du Pérou pour conquérir la gloire la lance à la main et afin de remplir mon devoir de gentilhomme. Durant 24 années, je vous ai rendu de grands services, en soumettant les indiens, en m´emparant de villes, et en me battant maintes fois en votre nom, en offrant toujours le meilleur de ma force et de mon habileté, sans jamais requérir de vos officiers la moindre aide, comme cela peut être vérifié dans vos mémoires royales. À présent, je crois fermement, très excellent Roi et seigneur, que pour moi et mes compagnons, vous n´avez jamais été rien d´autre qu´un tyran cruel et un ingrat.(…) Puisse Dieu faire que nous obtenions avec nos armes la récompense qui nous est due en droit, mais que vous nous avez déniée. --- Lope de Aguirre, fils de vos loyaux vassaux basques, et à présent rebelle jusqu´à la mort contre vous et votre ingratitude.”

Lettre de Lope de Aguirre au roi Philippe II d´Espagne. 1561.







Conquistador espagnol (1515-1561). Aguirre participa à la seconde expédition espagnole sur l´Amazone et en prit le commandement par la force. Né au pays basque, il s´embarqua pour le nouveau monde durant les guerres de conquête du Pérou avant de se joindre à Pedro de Ursúa dans une aventure destinée à découvrir la cité mythique d'Eldorado, vingt ans après celle d´Orellana. Il descendit les rios Huallago et Marañon avant de rejoindre l´Amazone. C´est alors qu´il fit assassiner Pedro de Ursúa et renia Philippe II d'Espagne. Faisant proclamer Fernando de Guzmán, un de ses compagnons, vice-roi, il l'assassina à son tour et continua son périple en multipliant les exactions, avec un but en tête : reconquérir le Pérou à son profit. Il remonta le Rio Negro, l´Orénoque et fit voile vers le Vénézuela, s´empara de l´île de Margarita mais fut abandonné par ses soldats, qui le surnommaient el Loco (le fou), et exécuté par les troupes loyalistes.


L´EXPEDITION DE PEDRO DE URSUA
En 1542, après l´échec de l´expédition à la cannelle, Gonzalo Pizarro finit par rentrer à Quito avec une poignée d´hommes : il y apprend la mort de son frère Francisco, assassiné par les hommes de Diego de Almagro (le fils d´un ancien compagnon qu'il avait lui-même fait exécuter trois ans plus tôt). Le Pérou est plongé dans la guerre civile, moins de dix années après sa conquête. Battu à la bataille de Chupas, Diego de Almagro est exécuté. Mais Gonzalo Pizzaro finit par se rebeller à son tour contre le nouveau vice-roi. Vaincu en 1548, il est décapité. Cette guerre entre conquistadors a favorisé la prolifération d’aventuriers sans foi ni loi qui constituent autant d'obstacles à un développement de la colonie espagnole. Le vice-roi, Don Andrès Hurtado de Mendoza, aura alors l´idée de les employer dans quelque aventure risquée capable de les écarter du Pérou… C´est un chef indien, en 1557, qui lui en offrira l´occasion : venant de l ‘Est, l´homme confirme l'existence des riches contrées de l'Eldorado. Une expédition est organisée, forte de 300 Espagnols, d´auxiliaires indiens, de quelques esclaves noirs et de 5 navires. Elle est placée sous le commandement de Pedro de Ursúa, lequel va pour l´occasion emmener avec lui tous les foudres de guerre susceptibles de créer du désordre. Le départ a lieu le 26 septembre 1560, sur les rives de l'Huallaga, puis du Marañon, qui devient l'Amazone à son confluent avec l'Uyacali.
Suivant la route d´Orellana, l´expédition perdit 2 brigantins avant d´atteindre l´embouchure du Yavari. Puis elle finit par rencontrer les terres des indiens Machiparo, déjà connues par Alonso Esteban, un ancien soldat d´Orellana qui avait rallié Pedro de Ursúa. Le chroniqueur de l´expédition, Francisco Vásquez, décrit “un grand village, le plus grand que nous ayons vu jusqu´à présent. Les maisons sont rondes, vastes et faites de terre ; elles sont couvertes de feuilles de palmes qui descendent jusqu´au sol, avec deux portes…” Les conquistadors sont accueillis par les indiens, et restent 33 jours dans le village. C´est durant cette étape que l´expédition bascula : les conquistadors ne tardèrent pas à commettre toutes sortes d´abus à l´encontre des indiens, échauffés par la chicha, un alcool de maïs qu´ils trouvèrent sur place. Aguirre et quelques complices profitèrent de la situation pour se révolter contre Ursua. Ils le tuèrent le 1er janvier 1561 et proclamèrent roi du Pérou un jeune noble, Fernando de Guzman.




LA GESTE D'AGUIRRE


Faisant fi de l'Eldorado des Omagua, Aguirre recherchait en fait un trésor plus certain : les richesses du Pérou. Il fomenta le projet de rejoindre l'Atlantique en descendant le grand fleuve, comme le fit Orellana, puis de revenir à Panama pour aller conquérir le Pérou... Mais il dut changer de stratégie lorsque la proximité supposée de l’Eldorado des Omagua suscita de nouveau les espoirs les plus fous chez ses compagnons. Il quitta alors l'Amazone pour s'engager dans le rio Japura, rejoignit le rio Negro puis le canal de Casiquiare où se confondent les deux réseaux de l’Amazone et de l’Orénoque. Découvrir son chemin dans ce dédale de cours d’eau inconnus fut une véritable prouesse ! Touché par une folie des grandeurs accompagnée d´un délire de persécution, Aguirre multiplia les assassinats et les exécutions sommaires au sein de sa troupe. Le 1er juillet 1561 l’expédition quitta les eaux de l’Orénoque pour celles de l'Atlantique. Les hommes d´Aguirre pillèrent l´île de Margarita, au large de la côte du Vénézuela, où ils mirent à mort le gouverneur et ses principaux officiers. Mais le Vénézuela et la Nouvelle Grenade se mobilisèrent contre le rebelle et l´aventure se termina tragiquement : après avoir tué sa fille de ses propres mains, Aguirre fut abandonné par ses hommes, capturé et décapité par l´armée espagnole à Barquisimiento. Selon la légende, il aurait prononcé ces derniers mots avant de périr : “Dieu, si tu dois me faire quelque bien, fais-le tout de suite ; quant à ta gloire, tu peux la garder pour tes saints.”



Yann LE DORNER pour l’Expédition Carishina, Quito, janvier 2002.



Sources
:

--- VASQUEZ, Francisco, Relation du voyage et de la rébellion d'Aguirre. Traduction de Ternaux-Compans, révisée par Bernard Emery , Ed. Millon, 1989.
--- HERZOG,Werner, Aguirre ou la colère de Dieu
, film de 1972.