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Le canal du Casiquiare


“Une monstrueuse erreur géographique”

Buache (géographe, 1798)




Un canal naturel franchit la ligne de partage des eaux séparant les bassins de deux rivières. Celui du Casiquiare relie le bassin de l’Orénoque à celui du Rio Negro. Ce serait l’unique canal de ce genre au monde.

Situé au Vénézuela, ayant une longueur en ligne directe de plus de 200 km, le canal naît de l’Orénoque et rejoint le Rio Guainìa pour former le Rio Negro qui, ensuite, coule sur la frontière entre la Colombie et le Vénézuela. Ainsi, une partie des eaux passe d’un bassin à l’autre.




Sa découverte fut longue, mais le soupçon de son existence commence tôt : il semblerait que, sans le savoir, le révolté Aguirre, en 1561, l’emprunta puisqu’il aurait atteint l’océan Atlantique par les bouches de l’Orénoque. Au vu de témoignages, on se doutait d’une jonction entre ces deux fleuves. Les cartographes la font apparaître dès le début du XVIIIe siècle et La Condamine affirme son existence en 1745. La polémique dure encore un demi-siècle et Humboldt, en 1800, tranche définitivement toute discussion : il le remonte, le décrit et en établit la carte.




Le canal du Casiquiare est une voie navigable qui, au début de l’ère moderne, joua son rôle dans les communications entre le Vénézuela et le Brésil. On connaît l’importance pour les transports d’une possibilité de communication entre deux bassins : la découverte de l’isthme de Fitzcarrald, dans le sud du Pérou amazonien, en est un exemple fameux. Encore aujourd’hui, des projets existent de canaux, artificiels cette fois-ci, qui mettraient en communication l’ensemble des bassins fluviaux de l’Amazonie.



Philippe HERRIAU, pour l’Expédition Carishina, Quito, février 2002.